Regardant les Jeux de 2012, à Londres, le natif de Québec a rêvé de son moment en or
Pour Vincent Dallaire, porter la feuille d’érable et représenter le Canada est une idée qui lui est venue, la première fois, alors qu’il regardait les Jeux paralympiques de 2012, à Londres. Voir l’équipe nationale masculine senior remporter l’or pour la troisième fois, en 12 ans, lui a fait penser que ce serait un moment superbe de sa carrière de basketball en fauteuil roulant.
« Je connaissais David Eng et je pensais juste que c’était super. Ils étaient des célébrités au pays, quand nous jouions, et j’ai juste pensé que c’était magnifique de les voir gagner », a déclaré Vincent. De toute évidence, Patrick Anderson était dans la fleur de l’âge à ce moment‑là.
« C’était le premier moment où je me suis rendu compte que ce serait merveilleux de faire de même. Je ne croyais toujours pas que j’y parviendrais. Je n’étais pas non plus impliqué dans le programme des moins de 23 ans, à ce moment. J’ai cru que ce serait superbe, mais je n’y ai pas pensé davantage. »
Le fait que Vincent représente le Québec aux Jeux du Canada de 2015, à Prince George, a mis les choses en branle pour susciter l’intérêt de l’équipe nationale. En Colombie-Britannique, Vincent s’entraînait avec Marc Antoine Ducharme, qui a ensuite invité le natif de la ville de Québec à un camp de dépistage du talent pour les moins de 23 ans, à Montréal.
« Je connais Cindy Ouellet depuis qu’elle a commencé à jouer. Cindy m’a dit qu’habituellement, s’ils vous aiment, ils vous contacteront dans les six prochaines semaines environ, se souvient Vincent. « Cinq semaines après ce camp, ils ont formé une équipe de moins de 23 ans, qui est allée dans le Minnesota pour un tournoi. J’ai été invité et c’est comme ça que j’ai commencé. »
Il a d’abord porté les couleurs d’Équipe Canada dans une série de matchs amicaux contre des équipes de club au Minnesota – une expérience d’apprentissage pour Vincent, qui ne parlait pas anglais à l’époque.
« C’était traumatisant parce que je ne parlais pas anglais. C’était presque comme une sonnette d’alarme. Je me suis dit : « Bon, peut-être que si j’apprenais l’anglais, ce serait bien », a-t-il soutenu. « C’était incroyable de porter le chandail du Canada. C’est votre maillot, c’est votre pays. Je pensais que l’expérience était superbe, mais je ne croyais pas que ça continuerait. »
Vincent a ensuite fait partie de la formation d’Équipe Canada pour la qualification au Championnat du monde des moins de 23 ans, au Mexique. Lors de la qualification, il a été reclassifié de 1,5 à 1,0, ce qui lui a donné plus de temps de jeu.
« J’ai eu toutes les minutes de jeu en Turquie pour le Championnat du monde », a signalé Vincent. C’était vraiment la première fois que je me disais que j’avais peut-être une chance d’y parvenir. Je ne faisais que jouer au basketball et des trucs comme ça. C’était une expérience magnifique. Nous voyageons à des endroits où je n’irais jamais seul, comme en Turquie. À ce moment‑là, jamais que je ne voyagerais à des endroits comme celui-là. »
L’expérience au Championnat du monde des moins de 23 ans a permis à Vincent de voir un nouveau niveau de jeu et de préparation. Avant de faire partie d’Équipe Canada, Vincent a admis qu’il n’avait pas beaucoup réfléchi à la préparation ou aux routines d’avant-match.
« Vous devez vous habituer à voyager, au temps de jeu et le prendre plus au sérieux », a-t-il affirmé. « Je n’avais pas de routine d’avant-match parce que je jouais à l’improviste. La préparation mentale et la préparation physique n’étaient pas des choses que j’avais faites. Quand j’allais au gymnase, je ne faisais que m’échauffer pour 10 à 15 minutes, puis je jouais pendant toutes les 40 minutes – vous le faisiez deux ou trois fois par jour parce que c’est ainsi que les tournois se déroulaient. »
« Il fallait être prêt pour un match par jour et s’entraîner – c’était tout nouveau et tout s’est passé en même temps. C’était énorme, mais je me suis amusé. »
Vincent a ensuite été invité à son premier camp de l’équipe nationale senior, à l’âge de 17 ans, une autre expérience d’apprentissage pour l’adolescent.
« Je me suis présenté à Las Vegas avec une bonne roue et une roue en métal. Nous jouions 3 contre 3, juste après Noël – c’est à ce moment-là qu’ils avaient l’habitude d’organiser le camp de sélection – la deuxième semaine de janvier », a ajouté Vincent. « Je me présente à Vegas avec rien, je ne m’attends à rien et puis, d’une manière ou d’une autre, je deviens membre de l’équipe. C’était, encore à ce jour, terrifiant, mais c’était plutôt super. À ce moment-là, je me suis dit que peut-être que je pourrais y arriver. Je me demande encore comment j’ai fait : peut‑être que j’ai une chance d’y parvenir. »
Avec les mots d’encouragement de l’entraîneur en chef à l’époque, Jerry Tonello, Vincent a commencé à croire qu’il pourrait contribuer au niveau senior. Il s’est joint à l’équipe nationale masculine senior aux Jeux parapanaméricains de 2015, à Toronto, où le Canada a enregistré une fiche de 5-1, remportant une médaille d’argent en sol canadien.
Puis, Vincent a été confronté à la réalité.
Alors qu’il se préparait pour ses premiers Jeux paralympiques, il a été retranché de l’équipe masculine qui se dirigeait à Rio.
« C’est la première fois que je me faisais exclure », se souvient Vincent. « C’était difficile parce que j’étais encore à ce point où je me disais que je pourrais peut-être faire quelque chose. »
« C’est à ce moment-là que je pensais prendre le basketball plus au sérieux, puis j’ai été retranché pour Rio. C’était une sonnette d’alarme que je devrais peut-être le prendre un peu plus au sérieux. C’était une sonnette d’alarme, c’est sûr. »
Sous la direction de l’entraîneur Matteo Feriani, à sa première année, Vincent a rebondi, fait partie de la formation du Canada pour la Coupe des Amériques 2017 et n’a raté aucune occasion depuis.
Alors qu’il se prépare pour ses deuxièmes Jeux paralympiques à Paris, Vincent attribue à Matteo le mérite de l’avoir aidé à réunir tous les éléments de son jeu pour devenir un membre essentiel de l’équipe masculine.
« Matteo ne minimise rien. Il vous dira exactement de quoi il s’agit », a affirmé Vincent. Je vivais à l’académie à ce moment-là et Matteo était présent à l’entraînement tous les jours. Avec Matteo, vous allez savoir exactement ce qui se passe. Je pense que c’était bon pour moi d’avoir cette sonnette d’alarme pour me dire je crois en toi, si tu te ressaisis, nous pourrions vraiment faire quelque chose. »



