De joueur à mentor : la transition à l’entraînement de Westley Johnston

Un diagnostic de dysplasie fibreuse a forcé le natif de Summerside à se tourner vers le basketball en fauteuil roulant — il aide maintenant à guider la prochaine génération

Pour Westley Johnston, le basketball a toujours été plus qu’un simple jeu. Ce fut une constante à travers ses blessures, sa réinvention et, maintenant, sa transition vers l’entraînement.

Westley a tout d’abord découvert le basketball en fauteuil roulant après une période difficile durant son adolescence. Une blessure au fémur l’a obligé à abandonner le hockey en 2008 et l’a amené à jouer au basketball debout.

Les médecins ont finalement diagnostiqué au natif de Summerside, à l’Île-du-Prince-Édouard, une dysplasie fibreuse, soit une maladie où l’os sain est remplacé par du tissu cicatriciel.

« La blessure n’a jamais guéri correctement », se souvient Westley. « On a découvert que j’avais une maladie appelée dysplasie fibreuse — essentiellement, du tissu cicatriciel remplace l’os sain. »

Le diagnostic a mené à une grosse chirurgie reconstructive. Les chirurgiens ont retiré le tissu osseux affecté, le remplaçant par de l’os de cadavre et stabilisant sa jambe avec des tiges et des broches. La maladie et la chirurgie qui en ont résulté ont mis fin à la capacité de Westley de concourir dans des sports pour les personnes non handicapées.

« La convalescence a pris un an », a-t-il ajouté. « À cet âge-là, pour un jeune de 15 ans, perdre le sport, c’est vraiment grave. »

Westley s’est soudainement retrouvé à chercher quelque chose de nouveau.

Son introduction au basketball en fauteuil roulant s’est faite de façon improbable — en regardant la télévision avec sa famille.

« Nous regardions le Rick Mercer Report, en 2011, qui faisait un reportage sur Basketball en fauteuil roulant Canada », a déclaré Westley. « Ma mère m’a dit : Hé et ça? Tu aimes le basketball, qu’est-ce que tu penses de ça? ».

Le reportage du Rick Mercer Report a tout changé dans la carrière sportive de Westley.

Voir des athlètes comme Dave Durepos réussir un tir à trois points a convaincu Westley que le jeu qu’il aimait était toujours à portée de main.

« Quand j’ai vu l’émission de Rick Mercer et Dave exécuter ces tirs à trois points les yeux fermés, je me suis rendu compte que je n’allais pas perdre ce que j’aimais », a-t-il affirmé.

Westley a rapidement trouvé des options de jeu avec les Colts de l’Î.-P.-É. et ce qui avait commencé comme une nouvelle activité s’est rapidement transformé en quelque chose de plus sérieux.

« Le basketball, c’est quelque chose qui m’a permis de très rapidement connaître du succès », a-t-il dit. « Il y a simplement quelque chose dans le basketball que j’ai toujours aimé. Être seul dans un gymnase et lancer un ballon pendant des heures et des heures — c’était quelque chose que j’ai toujours aimé faire. »

« Quand j’ai eu mon diagnostic, je ne voulais pas perdre ça. »

Alors que Westley continuait de développer son jeu, il n’était pas d’abord certain de pouvoir poursuivre ce sport à un niveau de haute performance, ce qui a changé lorsqu’une rencontre avec la classificatrice Karen Ferguson a révélé que son diagnostic faisait de lui un athlète admissible à la classification.

« Ce fut un peu la première fois que j’ai appris que la haute performance est possible en basketball en fauteuil roulant », a-t-il dit.

Pour Westley, la possibilité de représenter le Canada était immédiatement motivante. En grandissant, il avait toujours été fasciné par les Jeux olympiques.

« J’adorais les Jeux olympiques », a-t-il soutenu. « Vous regardez les Jeux olympiques de Beijing et tous ces athlètes, vous regardez les Jeux olympiques de Vancouver et Sidney Crosby et le but en or — tout ça, le rouge et blanc. C’était mon obsession en grandissant. »

Découvrir que le basketball en fauteuil roulant avait son propre parcours pour représenter le Canada — y compris aux Jeux paralympiques — a fait naître une nouvelle ambition.

« Chaque enfant rêve en grandissant, pour moi c’était toujours de faire partie d’Équipe Canada », a-t-il ajouté.

Le premier véritable repère de Westley pour évaluer où se trouvait son jeu a eu lieu en 2015, aux Jeux du Canada avec l’équipe de l’Île-du-Prince-Édouard. Son développement s’est poursuivi grâce au programme national junior, qui l’a amené à déménager à Toronto, en vue du Championnat du monde masculin M23 de basketball en fauteuil roulant 2017.

La chance de représenter le Canada, en sol canadien, était une occasion que le joueur âgé de 30 ans n’oubliera pas de sitôt.

« Que tout le monde vienne et se rallie autour de toi, c’était vraiment superbe », a affirmé Westley. « C’est toujours une de ces choses incroyables quand tous vos amis et parents peuvent venir vous voir. C’est excitant d’avoir sa famille présente et participant à l’effervescence du Championnat du monde junior et d’être là, ça fait partie de cette expérience pour vous. »

Alors qu’Ottawa s’apprête à accueillir le Championnat du monde de basketball en fauteuil roulant 2026 de l’I.W.B.F. et que l’équipe canadienne a de nouveau l’occasion de représenter le pays sur son propre sol, le message de Westley pour les athlètes est simple.

« Profitez du moment avec vos amis et parents, d’être là dans l’ambiance », a-t-il fait remarquer. « Quand vous êtes au pays, vous pouvez vivre tout ça avec vos proches, ce qui est, vous savez, encore plus spécial. »

L’expérience au Championnat du monde junior a aussi aidé Westley à convaincre sa famille de déménager complètement à Toronto. Après avoir obtenu son diplôme de l’Université de l’Île‑du‑Prince‑Édouard avec une majeure en sociologie et une mineure en philosophie, Westley a déménagé à Toronto pour devenir membre de l’Académie nationale, en 2019.

L’expérience avec Équipe Canada a ouvert de nouvelles portes, y compris la compétition internationale. L’un des moments forts de sa carrière de joueur est survenu en 2022, lorsqu’il a concouru professionnellement en Espagne — une expérience qu’il décrit à la fois comme difficile et inoubliable.

« En ce qui concerne le fait de jouer dans un autre pays, c’était une des choses les plus sensationnelles que j’ai jamais faites », a soutenu Westley.

Contrairement au calendrier de type tournoi courant au Canada, la structure de la ligue européenne signifiait se préparer aux matchs chaque semaine.

« Chaque semaine, tu te prépares pour quelqu’un de différent », a-t-il dit. « Tout ce qui a mené au jour du match a un impact — ton sommeil, ton repos, ta nutrition, ton entraînement. »

Vivre à l’étranger a aussi poussé Westley à sortir de sa zone de confort.

« Beaucoup de défis intéressants de ne pas pouvoir parler la langue avec ses coéquipiers et ses entraîneurs », a-t-il fait observer. « Apprendre à communiquer sans communiquer, c’était une de ces choses. Pouvoir faire ça, c’est maintenant une source de fierté. »

Aujourd’hui, Westley s’est tourné de la compétition à l’accompagnement des autres.

La transition vers l’entraînement s’est faite graduellement et presque accidentellement.

« L’entraînement n’était même pas quelque chose que j’envisageais », a-t-il admis. « Un athlète se dit simplement je suis un athlète — jamais je ne serai un entraîneur. »

Mais, pendant qu’il complétait un baccalauréat en sports et loisirs à l’Université du Nouveau‑Brunswick, Westley a commencé à aider ses coéquipiers pendant les séances d’entraînement du club. Suggérer des exercices et partager ses connaissances s’est finalement transformé en quelque chose de plus structuré.

« C’est un peu comme ça que tout a commencé », a-t-il dit.

Rapidement, Westley s’est retrouvé à assumer un rôle de leadership plus important, aidant à élever le programme et encadrer les jeunes joueurs.

Son parcours d’entraîneur n’a cessé de se développer. Westley fera fonction d’entraîneur de l’équipe du Nouveau-Brunswick, lors du prochain Championnat national junior à Québec, guidant les athlètes à travers un important jalon de leur développement.

Pour lui, c’est un moment de boucle complète.

« Quand j’ai décidé de cesser de m’entraîner à temps plein, mon objectif était de rester impliqué dans le sport », a signalé Westley. « Maintenant, être entraîneur en chef de l’équipe provinciale junior — c’est quelque chose que je voulais faire. Ce sont tous des moments de boucle bouclée. »

En dehors du terrain, Westley travaille comme coordonnateur des programmes de KidSport New Brunswick, aidant les familles à accéder à des occasions sportives en leur offrant un soutien financier pour l’inscription et l’équipement.

Ce rôle reflète la même philosophie qu’il apporte à l’entraînement — que le sport peut changer des vies. L’une des plus grandes influences de Westley comme entraîneur est Michael Frogley, dont l’approche continue de façonner son style d’entraînement.

« Il a eu un grand impact dans mon parcours de développement », a déclaré Westley. « Son approche holistique de l’entraînement et ce genre de choses a vraiment un impact sur ce que j’essaie aussi d’enseigner à mes athlètes. »

Pour Westley, les leçons tirées du sport vont bien au-delà du tableau de pointage.

« Le sport est une façon pour les athlètes d’apprendre des compétences de vie en dehors de leur vie », a-t-il dit. « C’est comme une chambre d’écho pour apprendre rapidement de vraiment dures compétences de vie. »

Ces leçons — résilience, esprit d’équipe et persévérance — sont les mêmes que Westley espère maintenant transmettre à la prochaine génération.

Et même s’il a cessé de s’entraîner à plein temps, il n’a pas complètement quitté le terrain.

« Je m’assois encore sur le fauteuil tous les mardis et jeudis », dit-il en riant.

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